Vous avez certainement entendu parler de la « culture du viol », un appareil de pensée, de représentation,  de pratiques et de discours qui excusent, banalisent, érotisent voire encouragent le viol (source).

De la même manière, on peut aussi définir une autre culture, la « culture de l’amour ». La culture de l’amour repose sur une série de principes:

  1. Il existe une chose, appelée « Amour », dont la manifestation la plus évidente est la sensation de bonheur qu’on a quand on pense à quelqu’un qui nous plait.
  2. Toutes relations affectives et sexuelles, ainsi que le mariage et la décision d’avoir des enfants, doivent se faire en présence de l’Amour, et sous la bannière de l’Amour.
  3. Les personnes qui ont des relations affectives et sexuelles, ou qui se marient et fondent une famille, en dehors de l’Amour sont suspectes, et il faut se méfier d’elles.
  4. L’Amour est toujours éternel. Le fait de penser que un jour l’amour puisse finir, et qu’on puisse prendre les mesures nécessaires à gérer cette éventualité est proscrit.
  5. Si l’Amour (qui, selon l’article 4, est censé être éternel) finit, il faut agir en conséquence et terminer la relation dans les plus bref délais. Une cohabitation pour le bien des enfants est admise, s’il n’y a pas de sexualité.
  6. En présence de l’Amour, plusieurs délits (harcèlement, viol, délit passionnel) deviennent socialement acceptables. Au contraire, le sexe consensuel en absence d’Amour est un comportement à proscrire.
  7. L’Amour arrive toujours quand on l’attend pas. Plus la relation amoureuse est difficile (personne aimée qui habite dans un autre pays, qui a un style de vie incompatible etc…), plus le prestige social qui en dérive est grand. Au contraire, le fait d’aller dans un site de rencontre et chercher des gens compatibles et proches de chez soi est vu comme une solution de repli, dernière chance face au stress de la vie contemporaine.

La culture de l’Amour est largement encouragée dans la culture contemporaine, notamment dans la musique:

L’amour est un oiseau rebelle
Que nul ne peut apprivoiser
Et c’est bien en vain qu’on l’appelle
S’il lui convient de refuser

Rien n’y fait, menace ou prière
L’un parle bien, l’autre se tait
Et c’est l’autre que je préfère
Il n’a rien dit, mais il me plaît

L’amour est enfant de bohème
Il n’a jamais, jamais, connu de loi
Si tu ne m’aimes pas, je t’aime
Et si je t’aime, prends garde à toi

There was a time
When I was brokenhearted
Love wasn’t much of a friend of mine
The tables have turned yeah
‘Cause me and them ways have parted
That kinda love was the killin’ kind
All I want is someone I can’t resist
I know all I need to know
By the way I got kissed

I was cryin’ when I met you
Now I’m tryin’ to forget you
Your love is sweet misery
I was cryin’ just to get you
Now I’m dryin’ ’cause I let you
Do what you do down on me

[Me]
Friday night, I had a few
There she was, out of the blue
Thunderstruck, nailed to the floor
I couldn’t move, couldn’t talk…anymore

[Love]
Of all these guys it’s you she desires
Secretly her heart is on fire
Waiting for you to ask her to dance
Go ahead, make your move…now’s your chance

[Passion] Do it right, do it right, we ain’t got all night
Do it now, do it now, I think you know how

[Pride] Let it out, let it out, now don’t mess about
Let her in, let her in, let the party begin!

Ou au cinéma:

Comme conséquence de la Culture de l’Amour, pas mal de personnes détruisent leur vie:

  • ils dépensent tout leur patrimoine et gâchent leur vie en essayant séduire une personne qui ne les aime pas.
  • ils se suicident à la suite d’une déception amoureuse.
  • ils harcèlent, violent, rendent la vie impossible à l’objet de leur amour.

Peut-on sortir de la culture de l’amour? La réponse dans le prochain billet.

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