Exemple n. 1.

Journée électorale en France. Emmanuel Macron contre Marine Le Pen.

Un journaliste indépendant (pas comme les autres, je suis indépendant, haha!) s’infiltre parmi ceux qui ont favorisé la campagne d’Emmanuel Macron. Il découvre qui sont ceux qui tirent les ficelles de sa campagne, nous explique toutes les subtilités qui sont derrière son personnage, nous explique tous les liens entre sa candidature et la société de consommation dans laquelle nous vivons. Et, après toute cette explication, il nous explique qu’il faut voter pour lui. Parce que l’autre candidat lui fait peur.

Entre temps, il y a des autres qui veulent manifester leur colère contre Emmanuel Macron. Donc, ils se présenteront au bureau de vote a 17h59. Avec un bonnet rose. Ou avec un poisson sur la tête. Ou un maquillage de clown. Habillés en chevalier Jedi. En marchant à quatre pattes. En jonglant des casseroles. Et voteront pour lui. Parce que, prendre le risque de voter un autre candidat leur fait trop peur.


Exemple n. 2.

J’ai des amoureuses qui ont la vingtaine, et qui vivent toujours avec leur parents. Et des autres qui sont plus âgées, et qui ont des enfants. Bref, je vois dans ma vie quotidienne pas mal de dynamiques parents-enfants.

Et dans beaucoup de cas, se passe comme cela. Les parents demandent un service aux enfants: débarrasser la table, ranger la chambre, un truc comme cela. Les enfants leur font un pied de nez. Les parents s’énervent. S’en suivent des gros mots, des insultes des deux côtés. Il s’en suit une demi-heure de bagarre (normalement, quand cela se passe, je reste au milieu de la scène, en lisant tranquillement un bouquin, pendant que les insultes et les objets volent en dessous de ma tête), à la suite de laquelle les parents débarrassent la table ou rangent la chambre, en murmurant des gros mots à l’encontre de leurs enfants.

Et le jour suivant, l’histoire se répète. Telle quelle.


Il y a les mots, et il y a les actes.

Avec les mots, je peux dire tout ce que je veux. Je peux m’énerver, je peux manifester ma joie, ma colère, ma frustration, mon désarroi, mais ce qui compte, ce sont les actes.

  • Si je parle beaucoup, je crie, j’exprime mon désaccord, mais je fais quand même ce qu’on me demande, je montre que je suis quelqu’un qui suit les ordres. En râlant, mais j’exécute les ordres. Les autres pourront tout me demander, ils savent que je ferai.
  • Si je ne parle pas, je ne râle pas, mais je ne fais ce qu’on me demande, je montre que je ne suis pas quelque’un qui exécute les ordres. Les autres savent qu’ils ne pourront pas tout me demander.

Prenez l’exemple du chat. Le chat ne parle pas. Il ne râle pas, il ne fait pas d’histoires, ne dit pas de gros mots. Mais il se fait respecter.

1280px-black_pussy_-_panoramioFaire la vaisselle? Pas le temps, j’ai des souris à attraper. (source image)

1280px-cats_august_2010-2Regarde. Tu restes là, tu les fixes pendant un moment, et les humains commencent tous seuls à faire la vaisselle. Les humains ont le don de la parole, les chats ont le don de n’avoir rien à foutre. Ce n’est pas belle l’évolution des espèces? (source image)

 

 

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