Lors d’une discussion suite à mon dernier billet sur l’efficacité des gestes barrière, des personnes avaient posé l’objection classique:

« Le problème est que les gens ne font pas assez d’effort. Si le 100% des personnes pratiquait les gestes barrières le 100% du temps, on n’aurait pas du tout d’infection ».

Cette objection ne tient pas compte de la perception psychologique des gestes barrières. Une personne qui tient son masque tout le temps (au point qu’on ne reconnait même pas son visage) et qui refuse toute forme de contact physique passe à son entourage un message qui dit très clairement:

Je n’ai pas confiance en vous, et je vous vois comme un danger.

Et se prèsenter à une réunion d’affaires avec toute une série de signes extérieurs qui disent « je n’ai pas confiance en vous, et je vous vois comme un danger » est une garantie que l’affaire ne se fera pas.

D’ailleurs, je vois une étiquette des réunions d’affaires en temps de pandémie qui s’est mise en place peu à peu. Maintenant, dans les réunions d’affaires les gens arrivent masqués et se saluent de loin. Puis, au fur et à mesure que la confiance s’installe, les masques tombent, les distances se réduisent, et si l’affaire est faite, on termine la réunion par une belle poignée de main.

Même chose dans les rendez-vous amoureux. Parfois, il peut arriver que l’autre personne arrive masquée au rendez-vous, et qu’elle reste à distance. Puis, au fur et à mesure que le rendez-vous avance, les masques tombent, la distance se réduit, et on devient assez proches pour se toucher ou s’embrasser.

Pour ceux qui sont moins sûrs de soi, et qui cherchent dans l’autre personne la confirmation d’un intérêt, les gestes barrière sont une aide précieuse: l’abandon du masque et des gestes barrières sont une très claire manifestation d’intérêt. Si l’autre personne abandonne peu à peu le masque et les gestes barrière, vous pouvez oser et vous rapprocher d’elle!

Dans les deux cas, la situation semble confirmer le dicton:

Nice guys finish last.

Les personnes qui suivent les règles inspirent moins de confiance que ceux qui plient les règles à leurs exigences et désirs.