Dans un des post précédents je vous avais parlé de la mort de la science, et bien sûr je me suis fait traiter de complotiste, charlatain et adepte de l’extrême droite. Ou pire, on m’a dit que je croyais en la magie (La dernière affirmation est, bien sûr, totalement vraie. Je trouve que la société moderne a bien empiré depuis qu’elle a arrêté de faire confiance à la magie et à la religion).

Donc aujourd’hui je vous invite à faire un peu de science à l’ancienne, comme nos ancêtres Galilée, Darwin, Pascal et Mendel. Pour cela, reprenons à nouveau le discours sur le Coronavirus que j’avais commencé il y a quelques jours.

Depuis mars, j’observe les statistiques du Coronavirus sur différents sites, notamment:

De la lecture des statistiques, on peut en déduire des choses intéressantes.

Le nombre des cas positifs n’est pas un indicateur fiable.

Plus on fait de test, plus on trouve des cas positifs. Moins on fait de test, moins on trouve de cas positifs. Donc le nombre total de cas positifs est un indicateur biaisé et pas du tout fiable: on peut l’alterer à souhait en faisant moins de test ou en faisant davantage.

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Par contre, le pourcentage de cas positifs est l’indicateur fondamental.

Si on monitore attentivement l’andament du pourcentage de cas positifs, on peut prevoir exctement la progression de l’épidémie

Le comportement du virus est hautement prévisible.

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Dans le cycle de diffusion du virus, nous pouvons distinguer:

  • Une première phase, où le virus circule de manière relativement calme, avec un pourcentage de positifs très bas, inférieur au 0.1% et une absence presque totale de symptomes
  • Une croissance rapide, pendant environ 3-4 semaines, avec des cas qui doublent tous les 3-4 jours.
  • Un pic qui se vérifie une fois que le pourcentage de cas positifs atteint le 35%
  • Une lente descente linéaire, qui prend environ 2 mois. À la fin de cette phase, le virus revient aux niveaux du départ, avec très peu de positifs et zéro malades.

Donc, à partir de là, on peut prévoir le comportement du virus, et préparer la réponse: dès qu’on voit une augmentation significative des cas, on peut prévoir un pic environ 3-4 semaines plus tard. On a donc 3-4 semaines à disposition pour stocker des médicaments, préparer les hôpitaux, embaucher des renforts le cas échéant. Et, une fois qu’on a passé le pic du 35% de positifs, on peut se préparer pour la descente.

Les masques, la distanciation sociale et les gestes barrière ne servent à rien.

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Dans la phase montante de l’épidémie, le virus cherche à se repandre par tous les moyens. Et pour se repandre d’une personne à l’autre, le virus a besoin d’un seul contact.

Donc, vous pouvez tout sanifier, mettre des masques jour et nuit, pratiquer une vie faite de distanciation sociale et de gestes barrière, mais il vous suffira de croiser une fois le chemin d’une personne infectée pour vous infecter à votre tour. Il vous suffit d’une petite distraction (et cela vous arrivera, tôt ou tard), et vous serez contaminé. Et même si vous faites tout parfait, la distraction arrivera à un membre de votre famille ou votre entourage proche, et ça sera lui qui vous passera le virus.

Dans la phase descendante de l’épidémie, les gestes barrière sont encore moins utiles. Dans cette phase, le virus a de la peine à trouver des personnes saines à infecter, car tout le monde est déjà infecté. Donc, on se retrouve à vouloir empêcher la transmission du virus entre deux personnes qui sont déjà infectées toutes les deux.

Il faut recommencer à soigner les gens.

On parle de la limitation des cas comme la seule arme contre le coronavirus, et on a oublié que, dans plusieurs cas, on sait soigner les pneumonies avec des moyens simples et pas chers. Donc, au lieu de vouloir à tout prix arrêter la diffusion du virus, il faudra apprendre à le gérer: être prêts à l’avance pour le pic de l’épidémie, et soigner les gens à la maison dès qu’ils développent des symptomes.